Un Noël Polonais

Ca faisait bien 2 mois qu’on se préparait à partir pour Noël à Varsovie.
Les billets d’avion avaient été achetés sur Internet fin octobre en même temps que les premiers cadeaux que nous allions apporter dans notre hotte. Hotte qu’il avait d’ailleurs fallu acheter pour l’occasion, l’ancienne étant devenue beaucoup trop petite.
Les cadeaux prenant déjà la moitié des 120 litres de la valise la plus grosse, il nous restait une petite valise et la moitié de la première pour y caser des affaires chaudes pour supporter le climat rude de l’est.

Arrivés à l’aéroport, hall 2B, en pleine après-midi du 20/12, tout était calme. On s’arrête prendre un café et un truc à manger, en attendant que la porte d’enregistrement soit enfin affichée. On s’installe, coin fumeur, et on attend que le joli écran se mette à jour …
17h55, nous avons enfin l’endroit vers lequel nous diriger … l’avion est à 18h35 et donc les bagages doivent être enregistrés avant 18h05 … Une belle organisation à la française donc …
On enregistre nos bagages à 18h05 pile avec 31.3 kg pour la grosse valise et 17 kg pour la petite … Soit un total de 48 kg au lieu de 40 mais bon, faute de temps, il n’y aura pas de surtaxe …
On passe donc, dans le flot des passagers de 2 vols différents, en zone internationale après un contrôle douanier assez succin mais réglementaire. 18h35, on monte dans le bus qui doit nous amener au pied de l’A320 d’Air France à destination de Varsovie. On s’installe dans l’avion tranquillement, il manque encore du monde, nous serons forcément en retard …
19h20, décollage pour 2h-2h30 de vol. Rien à relater de spécifique durant ce vol, on grimpe vite à 32.000 pieds pour gagner notre vitesse de croisière de 900 km/h mais les vents sont contraires. On nous sert un repas frugal et très « industriel ». On est serré comme des sardines « saupiquet », les pieds gonflent dans les chaussures comme des rôtis bardés et ficelés … vivement qu’on arrive.
21h30, arrivée à l’aéroport Frédéric CHOPIN, terminal 2. Il faut encore passer la douane et récupérer les bagages avant de rejoindre la famille qui piaille d’impatience devant la porte de sortie …
Enfin sortis, il fait 7/8°C, il bruine un peu. Soudain, nos gros pulls et nos gros manteaux nous semblent légèrement encombrants et un tant soit peu inutiles. Je porte les valises jusqu’à la voiture : le sac sur le dos, la petite valise dans une main (et oui elle ne roule plus) et je tire la plus grosse … Le coffre de la 407 suffit à contenir tout ça grâce à une bonne largeur que la Laguna n’avait pas pour aller à Roissy. Première cloppe polonaise pour ma tsarine au bonnet de lapin synthétique noir.
On parcourt tranquillement les 25 km qui nous sépare de la maison au fond des bois. Pour ma première venue en Pologne, je suis tout de même surpris : même pas une Lada à l’horizon et plus aucune Tatra en panne au bord de la route (ou l’inverse).
Les routes et les trottoirs sont en pleine évolution ce qui explique un peu les nids de poule dus aux « chauds & froids », aux gels-dégels de l’assise et au manque d’expérience technique des services routiers pour construire un remblai plus épais et stable et un goudron plus élastique (avec des pneus recyclés ça fonctionne très bien) mais les voitures sont relativement neuves dans l’ensemble à part 2 ou 3 Polonez et surtout européennes : Opel, Volkswagen en tête, Renault, Peugeot, Citroën et Ford ensuite … Les BMW et Mercedes de nos banlieues « flambantes » ne sont pas encore démocratisées de ce côté ci de l’Allemagne. Pas de doute donc, nous sommes dans la CEE.
Aucun dépaysement côté circulation donc mis à part le petit détail du feu orange entre le rouge et le vert qui permet un départ anticipé pour les fans du burn-out …
Arrivés à la maison après avoir parcouru les 25 km répartis entre banlieue espacée et forêt de pin et de bouleaux. On décharge le coffre, on pose tout ça dans notre « suite de fortune » avant de « repasser » à table.
On discute, on papote et on part finalement se coucher bien fatigués malgré l’absence de décalage horaire vers les minuit – une heure.
Dur de s’endormir : il fait trop chaud !!! En Pologne … à Noël !!! Jamais je n’aurais cru dire ça un jour …
On récupère une bonne partie de sommeil en retard en se levant le lendemain vers les 10h. Le temps est tellement couvert qu’on se croirait à 8h30 à Paris et il en sera ainsi toute la journée jusqu’à 15h30, heure de couché du soleil.
Le quartier est calme, le parc national démarre au fond du jardin, les maisons voisines sont, comme celle qui nous abrite, plutôt classieuses et haut de gamme … pas tout à fait du type de la maison moyenne polonaise avec son poêle à charbon : ici chauffage au gaz, électricité sans coupures, eau courante potable, téléphone(s), internet, télé, satellite, portes automatiques, 2 salles de bain, cuisine équipée, …, « alarme anti-intrusion », … très loin de l’image de la Pologne communiste que nous avons pu garder du côté ouest de « feu » le rideau de fer …
Bien sûr, nous ne sommes pas chez M « Toutlemondeski » et Varsovie et sa banlieue sont privilégiées par rapport à la Pologne profonde sur bien des points mais cela dénote tout de même une augmentation générale des moyens financiers (PNB/hab.) et d’une entrée massive des capitaux étrangers en Pologne que nous vérifierons plus tard lors de nos ballades.

Vendredi 22/12 : en ballade justement, allons-y !!! Les centres commerciaux de type Géant, Auchan et Carrefour sont bien implantés et fond un très bon chiffre d’affaires à en croire le nombre de places de parking vides càd proches de 0 … Même les produits de luxe Sephora et Marionnaud sont présents et font mouche.
Le vin français y est vendu à des prix défiant toute concurrence sur le marché du caviar … 30€ pour un Bordeaux AOC de base soit le prix d’une bouteille de Vodka en France de la même contenance … on a soit un intermédiaire qui marge un peu trop, soit des taxes d’importations sur les alcools légèrement surdimensionnées pour des produits européens … Dommage car cela prive les polonais des bons crus Bourguignons et Bordelais qui s’affichent largement à plus de 1.000 Zlt (1€ = 3.84Zlt). La bière polonaise est très bonne heureusement mais la boisson nationale reste « l’eau » (ou vodka) chose que nous avons pu constater en observant, à un feu rouge, 2 SDF sur un trottoir qui tentaient vainement de se rejoindre pour l’accolade mais quand le cerveau veut aller de l’avant et que les pieds n’en font qu’à leur tête en partant en arrière, c’est pas facile … Comme quoi, finalement, l’expression « saoul comme un polonais » est un peu usurpée … Ils ne tiennent pas mieux l’alcool que les Bretons dont les meilleurs specimen conduisent leur voiture sans problème avec 3 grammes et demi …
Nous passons à côté d’une espèce « d’Empire State Building » écrasé, vestige de la mégalomanie de Staline pendant la période communiste d’après guerre qui n’est regardable que passé le 20ème étage là où les sculptures égayent un peu les lignes massives de la tour. Nous longeons le palais présidentiel, mélange de Maison Blanche miniature et de Trianon en plein centre ville. Et nous faisons un léger détour par la vieille ville dans laquelle nous reviendrons plus tard.
Nous finissons enfin notre tour du centre ville par un diner dans un restaurant dans une vieille maison polonaise du XVIIIème siècle au milieu d’une avenue taillée par le communisme, au carré donc, aussi large que longue.
Pour situer un peu le niveau du restaurant, il serait probablement assez proche du « Fouquet’s » si c’était à Paris : toute la haute bourgeoisie varsoviennne ainsi que les hommes d’affaires s’y retrouvent … et nous y entrons joyeusement avec nos chaussures de randonnée crottées et nos parkas de sport d’hiver … Heureusement, l’armada des serveurs est beaucoup moins regardante que les vigils de boîtes de nuit à Paris, même dans le 18ème …
Un très beau décor nous entoure et la carte promet de nous réveiller les papilles. Les quantités sont idéales (puisqu’on vous dit qu’il n’y a plus de ticket de rationnement …) … l’oie confite est un délice.

Samedi 23/12 : nous profitons d’un moment « d’accalmie » pour faire un tour en 407 à Varsovie sans utiliser de plan, sans GPS et surtout sans connaître le coin. On parcourt donc à l’envers les 25km du premier jour pour aller se garer en plein centre ville à côté du château de Sigismond et ses remparts moyenâgeux. Un ballade touristique, sans touristes autre que nos humbles personnes, nous amène sur les différente petites places de marché aux maisons joliment décorées et aux pierres ancestrales. C’était l’occasion de finaliser quelques cadeaux dans les bijouteries d’ambre et de prendre beaucoup de photos. Nous rentrons enfin pour les 13h prévues, toujours sans plan et sans nous tromper par la route 79 qui mène Sandomierz.

Dimanche 24/12 : la famille se rassemble petit à petit, les allés-retours à l’aéroport ramènent à chaque fois leur lot de personnes, bagages (et sans doute de cadeaux) et soirées de papotage dans la cuisine ou au salon.
Noël se prépare, le réveillon arrive, la table est mise, les amis s’ajoutent à la famille.
Les chants de Noël emplissent la maison d’un air de traditions religieuses mais surtout anti-communistes. Le repas sera lui aussi traditionnel avec les 12 plats comme les 12 apôtres mais comme le christ n’est pas encore né, point de viande dans la cuisine. La tradition polonaise veut qu’il n’y ait que des poissons au menu avec du hareng selon plusieurs recettes après une grande soupe de champignons et suivi par la fameuse carpe en gelée accompagnée de choux au sarrasin ou aux champignons. Puis vient le moment des cadeaux et du déballage désordonné des présents de chacun. La soirée se déroule doucement, familièrement, sobrement mais gaiement. Juste un petit moment de panique quand une bougie entourée de fil d’ange met le feu à la table et ruine une nappe en coton.
La soirée ayant débuté à la nuit tombée, soit à 16h, à 23h, nous sommes revenus au calme et nous rangeons tranquillement ce qui doit être mis au frais.

Lundi 25/12 : nous commençons par terminer le rangement de la veille, la vaisselle est lavée, la table d’appoint remise à sa place et la nappe brûlée jetée à la poubelle. La journée sera plus calme, nous étions invités à déjeuner chez nos nouveaux amis de la veille au soir mais ma tsarine avait plus besoin de dormir que de manger donc nous sommes restés au calme à la maison dans la forêt pour profiter du soleil et des 7/8°C de Noël …

Mardi 26/12 : c’est férié en Pologne, comme en Alsace, et nous recevons le bottin mondain du quartier : une actrice, une chanteuse, un ex président de chaine TV, un doubleur de voix de dessin animé en plus de l’ex-attachée de presse de l’ambassade de France, de l’éditorialiste du quotidien national d’opposition doublé d’un animateur de débats politiques à la radio et de la sénatrice (sa mère) déjà présents dont le 2ème fils s’était d’ailleurs invité au réveillon du 24/12 à la télévision. Bref, une population peu représentative de la Pologne d’hier et même aussi d’aujourd’hui et digne d’un pays Européen qui s’embourgeoise raisonnablement.
Je dois avouer que nous étions relativement perdus dans une telle « foule » d’autant plus que le Polonais est aussi compliqué à entendre (loin de moi l’idée de vouloir le comprendre pour le moment) qu’à lire … Bref, nous avons donc préféré jouer la carte de la politesse et avons choisi de laisser nos hôtes avec leurs amis et voisins en nous retirant de la salle de vie après avoir grignoter les « quelques » plats traditionnels plus la dinde aux marrons (plaqués or les marrons s’il vous plaît … 15€ les 400 grammes tout de même au lieu des 4€ affichés en France).
22h sonnent et tout le monde a déserté, nous revenons pour aider à ranger et nettoyer les traces du passage des 10 enfants et 10 adultes. Et nous restons à grignoter en papotant, en refaisant le monde, jusqu’à 1h du matin. Notre dernière soirée était passée.

Mercredi 27/12 : départ pour l’aéroport de Varsovie un peu en avance mais c’est nécessaire pour imprimer les billets pré-payés et surtout prendre au passage 3 cartouches de cigarettes au tarif « alléchant » de 19€ l’unité … Les valises sont bien pleines, même plus qu’à l’allé grâce au gros cadeau défectueux qu’il faut ramener pour échange. Nous arrivons à peine au terminal 1 que les files d’enregistrement se mettent en place. Nous faisons la queue comme tout le monde, dans la file Tempo-Classe Eco. Puis la 2ème file « Business Class » devient « e-services » comme mon billet, nous changeons donc de file … mais l’affichage rechange et redevient « Business Class » et il faut retrouver notre place dans la première file qui a bien augmenté entre temps . Arrive notre tour et le moment de la pesée, 13kg pour la petite et 40kg pour la grosse (et oui, les bouteilles de Vodka ça pèse …) donc bagages refusés car on ne doit pas dépasser 32kg !!! On sort de la file, nos accompagnateurs vont nous acheter un autre sac pour délester la plus grosse d’une bonne dizaine de kilos sinon, il aurait fallu laisser le surplus en Pologne … On se réinfiltre dans la file d’attente et on repasse à l’enregistrement avec nos 3 bagages : c’est OK mais maintenant, il faut payer la surcharge de 13kg (53-40) au guichet Air France qui est à l’étage supérieur avant de pouvoir obtenir nos cartes d’embarquement. On repart au guichet Air France acquitter nos droit de bagages supplémentaires : 490 Zlt !!! Près de 10€ le kilo en plus !!! M’enfin bon de toute façon les valises sont déjà parties dans la soute, si on veut les suivre, il faut payer … et nous avons déjà gruger 70€ à l’allé alors on paye …
Nous redescendons enfin vers notre file favorite à l’hôtesse aussi souriante qu’une tortue constipée sans passer par les 50m de queue pour récupérer nos cartes d’embarquement et enfin nous diriger vers la douane …
Nous sommes dans les temps, le plus dur est passé, il ne reste plus que le contrôle des bagages à main avant d’embarquer. Je vide mes poches dans le panier, tout passe bien, je ne bippe même pas mais visiblement il y a un truc dans mon sac à dos qui inquiète le douanier … une bougie artisanale en cire qui pourrait bien cacher une « arme de destruction massive ». Elle en sera quitte pour repasser seule aux rayons X histoire de voir si elle ne cache pas un objet métallique contendant en son sein … Ouf, elle n’a rien !!! On embarque donc : d’abord en bus puis dans l’A319 d’Air France qui doit patienter un bon quart d’heure avant de décoller à cause d’un « embouteillage d’avions » au dessus de l’Allemagne.
13h10, on décolle, le temps est couvert, on traverse très vite les nuages pour atteindre notre altitude de croisière de 32.000 pieds au soleil et le pilote fait tout pour rattraper le retard et faire le trajet en 1h55 pour arriver à 15h10 comme prévu. Chose dite, chose faite !!!
Par contre, l’arrivée est aussi folklorique que le départ : 2F … non finalement ce sera 2D … pour finalement nous débarquer au 2F. Côté aéroport, l’affichage commence par 2B puis 2F puis plus rien … Organisation à la Française !!!
1h plus tard, nous nous rapprochons de la voiture garée au 2B après avoir fait le tour de l’aéroport sur plusieurs étages.

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